La Mode

Oui, je suis une passionnée de mode depuis toujours : vêtements, sacs, chaussures, bijoux, chapeaux, casquettes.

J’adore la mode, cependant je ne suis pas les tendances. Et d’ailleurs, qu’est-ce qu’une tendance mode ? Chaque pièce composant mon dressing est un coup de cœur.

Avec mon premier salaire de l’université : un ensemble Burberry. Avec mon second salaire d’un quotidien local : un blouson en cuir Jean-Paul Gaultier. Avec mon troisième salaire : un sac Dior.

J’apprécie également les créateurs locaux : les chapeaux de Céline Robert, les bijoux de Louise Dagorne,…

Un tissu me fascine, tout comme son histoire : le wax

Au Togo, le wax est une institution. Ses motifs colorés portent un message, à l’origine d’une success story au féminin : celle des Nana Benz, premières millionnaires du continent dans les années 1960, et leurs héritières d’aujourd’hui : les Nanettes.

Le wax est devenu avec le temps l’objet d’un enjeu commercial et industriel, dont les cartes sont rebattues depuis la fin de la période coloniale. Plus qu’un produit industriel, c’est un textile symbolique chargé d’affect et transmis à travers les générations, marquant les grands moments de la vie.

Les Nana Benz, les premières commerçantes distributrices de wax sur les marchés du Togo dans les années 1960, ont fait fortune de ce commerce lucratif.  Dans les années 1950 au Ghana, elles vont découvrir ces textiles et les commercialiser à Lomé. Ces femmes très importantes vont leur donner une valeur en les nommant après avoir observé la société. Entre 1960 et 1990, elles montent un empire et vont avoir des monopoles. Elles sont aussi bien grossistes que revendeuses.

 

Vous l’aurez compris, le wax est une étoffe à l’identité multiple, avec ses dessins étonnants, ses couleurs audacieuses pour des messages sociétaux. Le tissu à travers lequel les femmes africaines expriment leurs espoirs et leurs colères a intéressé la directrice artistique de la Maison Dior, Maria Grazia Chiuri, qui l’a mis en valeur dans sa collection croisière 2020.

Grâce à Anne Grosfilley, anthropologue spécialiste des textiles et de la mode en Afrique et auteure de plusieurs ouvrages consacrés au wax, Maria Grazia Chiuri a pu entrer en contact avec d’authentiques imprimeurs de wax en Afrique.

Ensemble, elles se sont rendues à Abidjan, en Côte d’Ivoire, où la chercheure française a présenté la créatrice italienne à Jean-Louis Menudier et à Uniwax, la seule entreprise qui imprime à la cire selon les méthodes traditionnelles et avec du coton africain local.

Même si des créateurs, à l’instar de Jean-Paul Gaultier, Agnès B. ou la maison Burberry ont déjà utilisé le wax dans leurs collections, la démarche de Dior est unique. Des personnalités reconnues comme Beyoncé, Rihanna, Anna Wintour ou encore Matthieu Chedid portent des tenues en wax, dans leur vie quotidienne comme sur scène ou lors de défilés.

J’aime coudre le wax, et composer à partir de ce tissu des tenues qui me ressemblent.

J’ai par ailleurs animé de nombreuses conférences sur la thématique « Le wax, de la rue aux podiums ».